Pourquoi l’État encourage l’immigration

By gastonphebus

Quand on déplore la colonisation de la France par le Tiers-Monde, il est commun de faire porter le chapeau aux immigrés eux-mêmes, aux patrons friands de main d’œuvre bon marché, ou à des groupuscules d’extrême-gauche type RESF (Réseau Éducation Sans Frontières).

Ça me rappelle le syndrome dit de l’éléphant dans le salon. Dans un salon, il y a trois dames d’un certain âge et un éléphant. Les dames prennent le thé. La première parle de ses tricots, la deuxième parle du dernier film qu’elle a vu, et la dernière raconte ses vacances. Aucune des trois ne parle de l’éléphant qui est dans leur salon.

En l’occurrence, pour ce qui est de l’immigration, l’éléphant c’est l’État.

C’est l’État qui a instauré le regroupement familial. C’est l’État qui accorde la nationalité française à tort et à travers. C’est l’État qui a mis en place la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité) pour faire taire les voix dissidentes.

Ceci n’est pas une erreur. Ce n’est pas une dérive temporaire et réversible. Ce n’est pas le fait de quelques politiciens véreux. C’est structurel. L’État français a sciemment, délibérément et méthodiquement organisé la destruction de la nation française.

C’est tellement énorme qu’on se demande pourquoi. Or la réponse est toute simple. Il suffit juste de se demander : Qu’est-ce que l’État ?

Quelle condition une agence, une organisation, une institution doivent-elles satisfaire pour pouvoir s’appeler « État » ? Qu’est-ce qui permet de distinguer un État d’une entreprise, d’un club ou d’une association ?

Ça fait un peu “bac philo”, mais bon.

L’État est une agence qui a ceci de particulier : elle fait en sorte que tous les conflits entre les habitants d’un certain territoire soient arbitrés par elle, ou lui soient rapportés en dernière instance. En particulier, en cas de conflit entre cette agence et toute autre personne ou entité, c’est cette agence elle-même qui tranche.

Cette définition n’est pas controversée : tout le monde l’accepte.

Ceci implique que cette agence a le pouvoir de lever des impôts, c’est-à-dire de fixer elle-même de manière unilatérale le prix des services qu’elle rend.

Pour donner une analogie, imaginez une tablée d’une douzaine d’amis qui se retrouvent régulièrement au restaurant. Ils s’aiment bien, mais ils savent qu’il est possible que des conflits surviennent entre eux, et ça leur cause du souci. Tout d’un coup, après une soirée plus arrosée que les autres, l’un d’entre eux se lève et déclare : « J’ai trouvé la solution ! En cas de conflit entre nous, c’est moi qui arbitrera à chaque fois. Même en cas de conflit entre moi et vous. » Vous imaginez comment vont se régler les désaccords au moment de payer l’addition…

Eh bien c’est exactement ainsi que l’État agit.

Il semble évident que, si c’est ça l’État, alors l’État a intérêt à créer des conflits afin de pouvoir les arbitrer en sa faveur. En effet, s’il n’y avait aucun conflit entre individus ou communautés, alors l’État n’aurait plus qu’à se tourner les pouces. Plus il y a de conflits, plus l’État devient indispensable, et plus il est sollicité de manière fréquente. À chaque fois, son rôle privilégié d’arbitre ultime lui permet d’émettre des jugements qui vont (directement ou indirectement) dans son propre intérêt.

Donnons un exemple : si l’État invite des immigrés sélectionnés pour leur incapacité à s’intégrer et à contribuer au reste de la société, alors cela déclenchera des conflits ethniques avec les autochtones. Ces derniers chercheront à exclure les immigrés de leurs entreprises et de leurs communes. Ces conflits permettront à l’État de se poser en arbitre et de créer des institutions telles que la HALDE. La HALDE donne du travail à beaucoup de fonctionnaires et donne un droit d’ingérence à l’État dans des pratiques qui relevaient auparavant du domaine personnel, telles que la décision d’embaucher, de vendre une maison, ou d’admettre des clients dans une discothèque.

Les conflits générés par l’immigration accroissent donc les prérogatives, les effectifs et le budget de l’État.

C’est pour cela que l’État français a favorisé la colonisation de la France par le Tiers-Monde. C’est aussi simple que ça. Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures.

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19 réponses vers «Pourquoi l’État encourage l’immigration»

  1. Eric dit :

    Oui. Il faudra beaucoup de conflit pour que l’Etat continue a se rendre indispensable, pour continuer a payer une telle masse de fonctionnaire, souvent incompétent voire inutile a l’heure de l’informatique. Une masse salariale de plus en plus difficile a supporter a l’heure de la mondialisation. Plus les difficultés a supporter l’Etat seront fortes, plus les conflits organisés par l’Etat seront violent. La vie des Francais ne vaut pas grand chose.

  2. gastonphebus dit :

    @ Eric :

    La vie des Francais ne vaut pas grand chose.

    Vous avez mis le doigt dessus.

  3. Dargaard dit :

    Mouais…. Ca partait bien, mais la fin est tres alembiquée.

    Je pense plutot qu’il faut chercher du coté du jeu des alliances des gens qui nous gouvernent, donc par extention l’etat. Car finalement, on en revient toujours à la meme chose, un interet personnel. Et c’est la somme de ces interets personnels qui vont faire les interets d’une caste (par exemple l’UMP, le PS, le MEDEF, ect…) et donc les lois que nous subissons.

    J’ai pu discuter avec quelques personnes haut placées, et une chose est sure, ils se fichent comme d’une guigne de l’interet commun. La seule chose qui compte est leur propre interet, et malheursement celui ci semble bien souvent contradictoire avec celui de la Nation.

  4. gastonphebus dit :

    @ Dargaard :

    J’ai pu discuter avec quelques personnes haut placées, et une chose est sure, ils se fichent comme d’une guigne de l’intérêt commun. La seule chose qui compte est leur propre intérêt, et malheureusement celui ci semble bien souvent contradictoire avec celui de la Nation.

    Bon, alors nous sommes d’accord sur l’essentiel.

    Dites-moi ce qui vous paraît alambiqué dans ma conclusion, je cherche toujours à améliorer ma présentation quand elle n’est pas suffisamment convaincante.

    Je n’ai fait qu’étendre l’adage “La guerre est la santé de l’État” dû à l’intellectuel américain de gauche Randolph Bourne (1886-1918).

    Ma morale est : “Le conflit est la santé de l’État”. La guerre civile ethnique en France renforce le pouvoir de l’État sur le reste de la société aussi sûrement que la Première Guerre Mondiale l’a fait. Est-ce que ça vous paraît un peu moins alambiqué comme ça ?

  5. Robert Marchenoir dit :

    Oui, mais non.

    Admettons qu’un historien du XXIIème siècle ait l’idée de cette thèse et tente de la valider. Il va chercher des documents historiques qui la démontrent. Quels documents historiques pouvez-vous lui fournir à l’appui de votre théorie? A mon avis, aucun.

    C’est le défaut de toutes les théories du complot. On cherche à qui profite le crime. Et quand on a trouvé, on dit: c’est la preuve qu’il y a complot. C’est la preuve qu’il y a un criminel.

    Mais l’existence d’un mobile ne suffit pas à condamner quelqu’un.

    Vous supposez à l’Etat une intelligence, un machiavélisme et une patience qu’il n’a pas. S’il y avait des politiciens capables de planifier la marche du char de l’Etat quarante ans à l’avance, ça se saurait. Ce serait d’ailleurs, alors, contradictoire avec votre adhésion au libéralisme, car cela démontrerait que le constructivisme peut fonctionner sur une grande échelle.

    Il y a des exceptions, naturellement. Mais elles sont rares et connues, en général. On sait, par exemple, que De Gaulle avait planifié la construction de l’Union européenne (entreprise à long terme s’il en fut) avant même la fin de la Seconde guerre mondiale. Nous avons des témoignages écrits.

    Le politicien moyen, lui, ne voit guère au-delà de son mandat électoral. Il y a peu, le budget de l’Etat n’était planifié que sur un an. Et l’on imaginerait que Valéry Giscard d’Estaing, par exemple, aurait consciemment préparé, dès les années 70, avec son regroupement familial, la création de la Halde à notre époque? Ca ne tient pas debout.

    A l’époque, personne n’aurait pu imaginer ni la concurrence victimaire actuelle, ni la discrimination positive, ni le culte du métissage.

    Tout laisse à penser, au contraire, que la situation actuelle de l’immigration a été le résultat de plusieurs décisions (ou non-décisions) à courte vue, au fil des années.

    Le regroupement familial a, très probablement, été décidé pour des raisons humanitaires. Et aussi, peut-être, de sécurité publique: j’ai récemment lu que l’on s’inquiétait, dans les années 60 ou 70, de viols commis par les immigrés maghrébins. Pour calmer leur frustration sexuelle, il fallait, à l’évidence, leur permettre de faire venir leur femme.

    Tout le droit-de-l’hommisme qui s’est construit depuis cinquante ans l’a d’abord été en réaction à la Seconde guerre mondiale (le “plus jamais ça”). Puis, sous l’impulsion du rejet de l’autorité en mai 68. Plus tard encore, comme idéologie de substitution pour combattre l’Union soviétique, une fois que les crimes du communisme sont devenus tellement évidents qu’on ne pouvait plus, décemment, le soutenir. Et enfin, comme idéologie spécifiquement anti-raciste et multiculturelle venue des Etats-Unis, vers les années 1990.

    Il était absolument impossible, en 1968, d’imaginer le bolossage de lycéens blancs sur le Champ-de-Mars par des racailles africaines quarante ans plus tard. Quiconque l’aurait prévu aurait été traité de fou. D’ailleurs, c’est ce qui s’est passé. Le député anglais Enoch Powell l’avait annoncé, précisément en 1968, dans son discours dit “Rivers of blood”.

    Si l’ensemble de la classe politique l’a alors ostracisé, ce n’est pas parce qu’elle a pensé: haha! Powell a raison, si nous votons la loi réprimant la discrimination raciale, il y aura des rivières de sang dans quarante ans dans les rues de Londres, c’est ce que nous voulons, mais il ne faut surtout pas que cela se sache.

    C’est pour mille raisons: parce qu’elle n’y croyait pas, parce que l’Angleterre voulait se racheter de l’impérialisme, parce que l’anti-racisme était dans l’air du temps, que sais-je encore. Mais vous imaginez bien que s’il y avait eu complot dans ce sens, depuis le temps, nous l’aurions su.

    En revanche, ce qui est exact, c’est qu’en matière d’immigration comme pour tout le reste, il existe une force intrinsèque à l’Etat, très puissante, qui fait qu’il a intérêt à ne pas régler les problèmes qu’il est censé résoudre.

    Plus précisément, tout organisme étatique, ministère, commission, agence, association subventionnée ou autre, créé pour résoudre un problème (que ce soit le racisme, le logement, le chômage ou que sais-je encore), va naturellement tendre à perpétuer le problème pour assurer sa propre survie.

    C’est en effet très clair, d’ores et déjà, avec la Halde, qui fait de la propagande pour susciter des dénonciations (Skyblog, formulaire de dénonciation en ligne, etc). Evidemment, non seulement une telle politique va provoquer des dénonciations en l’absence de tout racisme, mais le harcèlement anti-raciste va immanquablement faire naître du ressentiment inter-ethnique en réaction, là où il n’y en avait pas auparavant.

    Ce phénomène est attesté aux Etats-Unis, où il existe depuis de longues années maintenant des programmes de lutte contre le prétendu danger de viol sur les campus universitaires. Ce danger, dont on sait maintenant qu’il a été monté de toutes pièces à partir d’une étude délibérément mensongère, a donné naissance à toute une industrie de femmes qui sont payées pour faire de la propagande anti-masculine, recueillir les plaintes des étudiantes, instruire des enquêtes, et bien entendu produire des statistiques.

    La preuve de la perversité du système réside dans la censure, par une université particulière, de ces fameuses statistiques: il y avait trop peu de viols chez elle. Le chiffre n’était pas publiable. Il aurait démontré que l’université ne faisait pas assez d’efforts pour convaincre les étudiantes violées de témoigner, sachant que par définition, les viols étaient nombreux, et que par définition, les étudiantes étaient dissuadées de porter plainte par le pouvoir oppresseur masculin.

    L’état d’esprit institué par des décennies de propagande féministe interdisait que l’on considère comme une bonne nouvelle le fait qu’il y ait très peu de viols sur ce campus. La théorie disait le contraire, donc c’est la réalité qui avait tort. Le chiffre était forcément faux.

    Mais il n’y a pas de chef d’orchestre clandestin. Pas dans ce sens-là, en tous cas, et pas sur une aussi longue période.

    En revanche, il y a des idéologues qui ont délibérément préparé, et préparent encore, l’éradication de la race blanche par l’invasion migratoire de l’Europe. C’est plus récent, mais ça existe. C’est plutôt du côté de la gauche que je chercherais le “complot”.

    Déclaration de Mona Sahlin, chef du parti social-démocrate suédois, l’un des pays les plus immigrationnistes d’Europe:

    “Je crois que c’est cela qui rend un grand nombre de Suédois jaloux de vous, les immigrés. Vous avez une culture, une identité, une histoire, quelque chose qui vous relie les uns aux autres. Et nous, qu’avons-nous? La fête du solstice d’été, et d’autres bêtises de ce genre.”

    A rapprocher de la charte du parti Vert, toujours en Suède:

    “Nous ne croyons pas à des frontières artificielles. Nous avons la vision d’une immigration et d’une émigration sans restrictions, où les gens auraient le droit de vivre et de travailler où ils veulent. Nous voulons que la Suède devienne un exemple pour le monde entier, en concevant un plan pour mettre en oeuvre une immigration sans restrictions.”

    Là, le crime est signé.

  6. Daniel Fattore dit :

    @Eric: vous retardez: à présent, l’Etat paie à prix d’or, sur le dos du contribuable, des informaticiens incompétents. Les fonctionnaires, en revanche, font bien leur boulot.

  7. Breakfast dit :

    Sacré Robert.
    Je serai plutot de son avis Gaston. La situation actuelle ressemble à une gamelle à ski. L’Etat sent une petite bosse, tente une correction qui aggrave la situation, puis une nouvelle, puis c’est trop tard, la chute et les sapins sont devant.
    J’ai longtemps cherché QUI pouvait être “globalement ” responsable au niveau des politiques.
    Je crois qu’il n’y en a pas. C’est plutot le regne du “responsable mais pas coupable” qui s’impose.
    Par contre, concernant les assocs, l’alliance rouge + immigration, les volontés sont clairement affichées. Je prépare une texte là dessus.

  8. gastonphebus dit :

    Robert :

    D’abord, merci de votre commentaire très fouillé.

    Vous énoncez un théorème sur lequel nous sommes d’accord :

    il existe une force intrinsèque à l’Etat, très puissante, qui fait qu’il a intérêt à ne pas régler les problèmes qu’il est censé résoudre

    Je vais en énoncer deux autres :

    1) il existe une force intrinsèque à l’Etat, très puissante, qui fait qu’il a intérêt à amplifier les problèmes qu’il est censé résoudre

    2) il existe une force intrinsèque à l’Etat, très puissante, qui fait qu’il a intérêt à créer des problèmes et des conflits pour pouvoir ensuite faire semblant de les résoudre

    Est-ce que vous me suivez dans ces deux extensions ? De perpétuer à amplifier il n’y a qu’un pas, et d’amplifier à créer de toutes pièces il n’y a qu’un deuxième pas.

    Votre analyse de la HALDE semble indiquer que vous êtes prêt à franchir ces deux pas avec moi. En effet, vous dites :

    Evidemment, non seulement une telle politique va provoquer des dénonciations en l’absence de tout racisme, mais le harcèlement anti-raciste va immanquablement faire naître du ressentiment inter-ethnique en réaction, là où il n’y en avait pas auparavant.

    Ça me semble très proche d’amplifier et de créer.

    Je conçois cela comme une force analogue à l’attraction gravitationnelle. Je ne prétends pas expliquer si les conflits créés par l’État seront nationalistes (comme ceux de la Première Guerre Mondiale), ou inter-ethniques à l’intérieur d’un pays (comme ceux qui résultent de l’immigration moderne). Pour moi, ces deux types de conflits, pourtant fort différents l’un de l’autre, sont engendrés par la même “force d’attraction universelle”.

    Je ne prétends pas non plus qu’il existe un complot. Quoique… Mais enfin, ça n’est pas nécessaire à ma thèse. L’accumulation de décisions plus ou moins aléatoires, prises par des générations successives de politiciens, ne pourra pas manquer d’engendrer des conflits toujours plus violents, parce que chaque décision individuelle a été prise sous l’influence de cette “force d’attraction universelle” dont nous parlons. Chaque décision est donc biaisée dans la direction de l’augmentation des conflits futurs.

    C’est comme la force de l’attraction terrestre qui fait qu’une goutte d’eau de pluie tombée en haut d’une montagne finira tôt ou tard dans l’océan, même s’il est difficile de prédire à l’avance quels ruisseaux, quelles rivières et quels fleuves l’y emmèneront.

    Au final, nous aurons immanquablement des rivières de sang, même si le chemin pris pour y arriver peut dépendre de telle ou telle circonstance historique contingente.

  9. Vertumne dit :

    Cher Gaston,

    si nous jouions à un jeu de cache-cache je dirai que vous chauffez! Oui l’État est le principal outil responsable de l’immigration sauvage et de la propagande ethnomasochiste que nous subissons. Mais Robert Marchenoir a raison, il manque quelques pièces au puzzle.

    Tout d’abord l’État est un instrument inerte et sans âme. Il peut tout aussi bien servir à créer la HALDE que le Ministère de l’Expulsion Immédiate, tout cela dépend de l’idéologie dans laquelle baigne la société. Un état féminisé et de gauche adoptera une toute autre attitude qu’un état patriarcal et de droite (socialement s’entend). Après tout, l’État n’est que le reflet de la mentalité moyenne des habitants d’un pays. Quand Khadafi parvient à expulser plus de 200 000 clandestins en une semaine, c’est grâce à son État…
    Donc si notre société a tous ces problèmes ce n’est pas à cause de l’État en tant que tel mais parce qu’elle est “libérale” (au sens anglo-saxon du terme), c’est à dire universaliste, utopiste, métissolâtre, égalitariste, pacifiste, et féminisée.

    Et d’où viennent donc ces valeurs sus-mentionnées ? Des Lumières bien entendu. Et d’où viennent les Lumières ? Du christianisme. Tout part de là. Dès que l’on se pose la question, on trouve la source de nos problèmes.

    Petit extrait:
    « Si plus personne ne vient se ressourcer à l’Eglise, combien de temps l’Evangile sera-t-il encore vivant dans notre société ? Et cette amnésie sera grave pour qui : pour l’Eglise ou pour les Français des générations à venir ? Car il faut aller jusqu’au bout de la question : si les catholiques ne représentent plus, à terme, que 15% de la population, quelle sera la religion dominante des Français ? Que deviendra notre culture, s’il est vrai qu’elle a été façonnée par plus de quinze siècles de christianisme ? Que deviendront en particulier les idées – centrales – concernant l’unité du genre humain et la transcendance de la personne ? A supposer que notre société devienne amnésique de ces références, comment échappera-t-elle à la stratégie de ceux qui voudraient nous ramener au polythéisme païen, cette perspective qui légitime parfaitement l’idée d’une inégalité foncière entre les hommes et entre les peuples ? A moins d’un sursaut collectif, la France risque de s’enfermer dans une impasse. Devenus amnésiques de la Parole qui les a faits, nos contemporains, dans leur majorité, retournent aux idoles muettes du paganisme. Autant dire que l’esclavage de la fatalité. »

    Monseigneur H. Simon, Évêque de Clermont-Ferrand.

    Si nous voulons tuer l’hydre d’un seul coup il faut trancher le tronc qui a donné naissance à toutes ces têtes.

    Voilà.

  10. Robert Marchenoir dit :

    Oui, je suis d’accord sur l’amplification et la création.

    Ce que je dis simplement, c’est que la combinaison de forces agissantes comporte une part bien plus grande d’improvisation, d’aveuglement et de moteurs collectifs que votre présentation pouvait le laisser entendre (c’est à dire où c’est la structure des organisations qui pousse aux conséquences, et non un quelconque décideur machiavélique).

    Quant à l’interview de ce “réalisateur” dont je n’ai jamais lu le nom nulle part, je n’ai pas pu la regarder jusqu’au bout. Sa crédibilité est égale à zéro. La source de l’interview n’est pas mentionnée, ni le lieu, ni la date. La profession de réalisateur de cinéma (en supposant qu’il s’agisse de cela, car rien n’est dit sur la biographie de cet olibrius) n’est pas spécialement un gage de compétence et de crédibilité en matière de politique internationale. Le nom de l’avocat qui est censé avoir assisté à l’entretien n’est bien sûr pas révélé. La profession d’avocat n’est pas non plus, spécialement, un gage de crédibilité. Personne ne sait pourquoi un banquier censément connu aurait accepté de recevoir ce monsieur. En imaginant que le complot dont ce banquier lui aurait parlé existe vraiment, pourquoi diable le lui aurait-il révélé? Ce “réalisateur” prétend qu’il ne s’est “rien passé” (sous-entendu en matière de terrorisme islamiste) depuis le 11 septembre, ce qui est soit un immense foutage de gueule soit la preuve de l’ignorance radicale de ce type. Etc, etc.

    Je rappelle tout de même que ce mythe (ce ne sont pas les islamistes qui ont provoqué le 11 septembre, c’est les Juifs / les Américains / la finance internationale) est extrêmement répandu dans l’opinion musulmane, en pays islamique comme en Occident. Il se renouvelle à chaque attentat majeur. Les musulmans britanniques ont été nombreux à laisser entendre que les attentats du métro de Londres étaient une “provocation ennemie”.

    Peu importe que tous ces attentats aient été explicitement revendiqués, qui par Ben Laden lui-même, qui par des islamistes qui ont laissé des testaments politiques sans aucune ambigüité. Peu importe que l’on sache comment et où ils ont acheté les produits chimiques pour fabriquer leurs explosifs, comment ils les ont fabriqués, peut importe qu’on ait retrouvé des explosifs intacts, etc, etc.

    Ah! mais j’oubliais: cela même est la preuve du complot. Voyez, ce n’est pas parce qu’on revendique un attentat qu’on en est la cause. Bush et Ben Laden sont d’accord, d’ailleurs c’est le premier qui a engendré le second, etc.

    Peu importe qu’on ait les photos des terroristes, leurs images filmées par les caméras de surveillance juste avant les attentats, leurs cadavres le cas échéant, peu importe qu’il aient fait leurs adieux à leurs familles, qui sont connues, etc.

    Peu importe qu’on ait la justification idéologique des attentats, par écrit, en long, en large et en travers. Peu importe qu’elle s’appuie explicitement sur le Coran et les autres textes sacrés de l’islam.

    Bush, vous dis-je. Bush, la juiverie internationale et les banquiers (juifs). Le choix même du nom de Rockfeller pour symboliser la banque mondiale est symptomatique du bidonnage. Cela m’étonnerait beaucoup que la “finance internationale” soit juive aujourd’hui. Islamique, more like. Personne n’a entendu parler de fonds souverains, créés par les pays pétroliers et la Chine? De finance islamique?

    Dans le meilleur des cas, ces théories du complot sur le 11 septembre sont dûes à l’angoisse de l’inconnu. Tout le monde sent bien que des bouleversements importants sont à l’oeuvre dans le monde. En réalité, personne ne sait où cela va nous mener. Simplement, cette incertitude est insupportable. Il est psychologiquement réconfortant de se dire qu’il y a un chef d’orchestre clandestin. Il nous conduit à l’abîme, certes (le maudire apporte un réconfort certain), mais enfin, on sait qu’il y a une explication. Quand les hommes ignoraient l’existence des microbes, ils expliquaient les épidémies par les sorcières, la punition divine, etc.

    Dans le pire des cas, ce complotisme est simplement la résurgence de l’antisémitisme le plus virulent et le plus dangereux. La continuation du nazisme par d’autres moyens. Ce qu’Hitler n’a pas fini, de nombreux musulmans, alliés à de nombreux gauchistes et militants d’extrême-droite occidentaux, veulent l’achever sur une échelle autrement plus importante: au niveau mondial, cette fois-ci.

  11. Robert Marchenoir dit :

    Vertumne: votre théorie se contredit elle-même. Vous prétendez lutter contre l’ethnocide, et vous dites que c’est le christianisme dont vient tout le mal. Mais quelle ethnie voulez-vous préserver, si vous rejetez en bloc le christianisme? Quelle civilisation?

    Si vous retirez le christianisme de la civilisation europénne, que reste-t-il au juste? C’est à peu près comme si vous vouliez restaurer la vraie nature de l’eau en lui enlevant l’hydrogène qui la pollue.

  12. Vertumne dit :

    @ Robert: Nos cathédrales, nos oeuvres d’art, nos poèmes font partie de notre identité, je ne suis pas un chaud partisan de la tabula rasa. Je ne veux pas éradiquer le christianisme de notre passé, chose de toute façon impossible, mais de notre présent.

    Je pense qu’en fait le christianisme est un phénomène historique dont les droits de l’homme (c’est à dire une transposition laïque dans l’ensemble de la société de l’esprit chrétien) sont l’ultime aboutissement. Ayant joué pleinement son rôle, c’est à dire convaincre l’ensemble de la société de la justesse de sa mission, le christianisme décline en tant que phénomène orthopraxique tout en étant hégémonique dans les esprits. L’amour entre tous les hommes, le pacifisme, le pardon plutôt que le châtiment, l’idée de l’unicité du genre humain, toutes ces notions chrétiennes sont parfaitement reconnues et intégrées dans la société actuelle. Vous ne pourrez jamais évacuer les droits de l’homme sans évacuer le christianisme car les deux sont ontologiquement liés, comme le corail l’est avec son algue symbiotique.

  13. Robert Marchenoir dit :

    Vertumne: orthopraxique, orthopraxique… pas de gros mots, hein.

    Sinon, la filiation entre le christianisme et le droit-de-l’hommisme (que je ne confond pas avec les droits de l’homme) est évidente.

    Cependant, vous en faites une équivalence. C’est une erreur. Le droit-de-l’hommisme est une perversion du christianisme. Le christianisme comporte aussi des éléments qui sont à l’opposé du droit-de-l’hommisme: la damnation, l’obéissance, le dévouement, le sacrifice, la séparation du spirituel et du temporel…

    Les monastères sont incompatibles avec les drouadlôm. Imaginez: une séparation physique, dans les monastères cisterciens, entre les moines (qui priaient) et les convers (qui travaillaient)! L’interdiction d’apprendre à lire aux convers! L’absence de “voix au chapitre” de ces derniers!

  14. Dargaard dit :

    Gaston,

    Ce qui me gène dans votre thèse c’est l’idée d’un complot bien orchestré par un monstre communément appelé Etat. Je pense plutot comme Robert que c’est une suite d’évènements non maitrisés et conduits par des intérets personnels qui nous amenez là où nous sommes aujourd’hui.

    Le monstre Etat est bien trop gigantesque pour etre capable de ça à lui tout seul. Déjà simplement parceque ses composantes sont d’intérets divergents. Et puis aussi qu’il comprend trop d’individualités pour qu’il y est un complot. Le secret aurait vite été connu du public.

    Je suis en revanche d’accord avec vous pour la partie concernant le fait qu’un organe ne va pas necessairement chercher à remédier aux problèmes, car il tuerai, ce fesant, sa raison d’etre. Encore que ce point est précisement discutable, en fonction de l’individualité qui en assure la gestion, le commendement. Si cette personne est forte, et ressens sa mission comme capitale à ses yeux, il est probable qu’elle fera son possible pour achever ses objetcifs, choisir ses collaborateurs en fonction de leur implication, etc… et finalement passera à autre chose une fois la mission réalisée. Evidement ce genre de personnage est plutot rare.

    Pour ajouter mon grain de sable au débat sur le Christianisme, je ne pense pas non plus qu’il soit la cause de tous nos problemes actuels, bien que je reconnaisse que les éclésiastes contemporains sont devenus de vrais larves oeuvrant à notre destruction (comme tant d’autres d’ailleurs…). Donc pourquoi le Christianisme n’est pas à remetre en cause selon moi, tout simplement parcequ’au vu du dernier milénaire écoulé, on se rend vite compte qu’au contraire il a plutot poussé à l’impérialisme conquérant qu’à l’auto-destruction. Je pense que comme nos politiques, les éclésiastes representent une ère du temps. Dans 100 ans, ils seront peut etre à nouveau le fer de lance des Européens occupés à la Reconquista…

  15. gastonphebus dit :

    @ Robert :

    Je suis complètement d’accord avec vous quand vous dites :

    c’est la structure des organisations qui pousse aux conséquences

    conséquences qui incluent – si je vous ai bien suivi – la création de problèmes tels que les conflits ethniques dus à l’immigration.

    Le moteur de tout cela est la nature même de l’État, c’est pour cela que j’ai pris une approche très “bac philo” en disséquant ce qui fait la définition exacte de l’État.

    Dans mon article original, je ne voulais pas donner l’impression qu’un décideur machiavélique était là-dessous.

    Quant à mon lien sur Aaron Russo, je l’ai donné comme ça “en passant”, à charge au lecteur de savoir comment il veut se positionner par rapport à ça. Je sais que je n’en sais pas assez pour savoir de quoi il retourne vraiment. Apparemment vous avez un positionnement très fort là-dessus – et je me garderai bien de le critiquer.

  16. gastonphebus dit :

    @ Vertumne :

    Vous avez visiblement une opinion bien établie sur la question, et moi aussi, et elles sont différentes. Il est relativement improbable que l’un de nous puisse convaincre l’autre. Mais je vais faire comme si c’était possible. Je vous le dois, car j’aime beaucoup Ethnocide.

    De nos jours, l’idéologie est quelque chose qui se manufacture. J’ai écrit de nombreux articles sur les techniques de propagande et de désinformation. L’État contrôle, directement ou indirectement, la plupart des intellectuels capables de manufacturer de l’idéologie. Donc il me semble incorrect de prendre “l’idéologie qui baigne la société” comme une primitive, et l’État comme un girouette qui la suit. Ça serait plutôt le contraire.

    Ceci étant, même la production d’idéologie a un coût. Même les ressources de l’État sont limitées. Il faut donc les employer efficacement, en prenant en compte le substrat humain sur lequel on travaille. On ne vendra pas l’omnipotence et l’omniscience de l’État en tant que concept de la même manière à un Français encore imprégné de 1500 de catholicisme, et à un Hindou. C’est la base du marketing…

    La stratégie optimale est donc de jouer sur les faiblesses de l’ennemi. En l’occurence c’est l’État (et ses “gardes du corps intellectuels” ) qui joue, et l’ennemi c’est la populace. Si la populace est encore imprégnée de charité chrétienne, qui fut une force pendant longtemps car elle permit un fort degré de coopération entre croyants, alors – comme au judo – il faut retourner cette force contre la populace. Cela donne le marxisme, qui dit qu’il faut voler les riches pour nourrir les pauvres ; et le multiculturalisme, qui dit qu’il faut accueillir toute la misère du monde.

    À mon sens, l’État débridé allait toujours créer des conflits de toutes pièces pour asseoir son pouvoir sur le reste de la société. La nature particulière du conflit qu’il crée actuellement (guerre civile ethnique) est contingente à l’histoire chrétienne de notre continent, et joue sur une des faiblesses de cette religion ; mais si ça avait été une autre religion, ça aurait été une autre faiblesse, car toutes les religions ont leurs points faibles, et au final nous ne nous en serions pas mieux tirés.

    Pour moi, la meilleure preuve de ce que j’avance, c’est qu’il y a eu transformation de l’idéal de la charité chrétienne en marxisme puis en multiculturalisme. Qui dit transformation dit agents de transformation dépensant leur énergie pour inventer une nouvelle variante et la propager à travers la population. Ce sont les intellectuels qui ont été soit payés, soit protégés, soit tolérés par l’État depuis un siècle ou deux.

    Une deuxième preuve, c’est que, en conjonction avec un régime moins mauvais que la démocratie, par exemple la monarchie, la religion catholique fonctionne très bien. À la limite, le plus gros reproche que je ferais à l’Église, c’est de ne pas avoir réussi à contrôler suffisamment les masses et les élites pour défendre Louis XVI et Charles X.

    Quant à la citation de l’Évêque de Clermont-Ferrand, ça prouve juste que l’Église catholique, en tant qu’institution relativement puissante et utile, a été complètement subjuguée, pénétrée et retournée. La laisser intacte aurait été trop dangereux pour l’État. L’État l’a très bien compris depuis au moins 1905, voire même 1789. Objectivement, nous ne pouvons pas compter sur le clergé actuel pour nous défendre.

  17. gastonphebus dit :

    Daargard :

    Merci d’avoir prise le temps de préciser votre pensée.

    Je vais vous donner une explication quasi-marxiste de la situation en termes de la “lutte des classes”. Il existe deux classes dans notre société. Ceux qui vivent de l’impôt, et ceux qui paient l’impôt. L’État est formé de tous ceux qui vivent de l’impôt. En effet, si personne ne payait d’impôts, ces gens-là ne gagneraient plus rien.

    Ceux qui vivent de l’impôt ont une très forte conscience de classe. Il suffit de leur parler pour s’en apercevoir. Ils appellent ça “l’esprit du service public”. Bien sûr, ce vocable est un mensonge éhonté. Qu’est-ce que cela recouvre en fait ?
    - l’idée que leur mission est plus noble, et que les activités des membres de l’autre classe (ceux qui paient l’impôt) sont vulgaires
    - un sentiment de supériorité
    - l’omniscience : ils savent ce que la société veut mieux que la société ne le sait elle-même
    - l’idée que tout ce que fait l’État est indispensable : sans l’État, il n’y aurait pas de transports, pas de monnaie, pas de civilisation, etc.
    - une incapacité congénitale à comptabiliser les coûts de leurs interventions : combien d’emplois ont été perdus à cause des 35 heures ? de combien le niveau de vie baisse-t-il à force de faire fonctionner la planche à billets ? combien de Français de souche se sont exilés à cause de l’immigration ?

    Sans même avoir à se rencontrer dans des clubs secrets, sans complot, les membres de la classe exploitante (l’État), grâce à leur puissante “conscience de classe”, sont capables de coordonner leurs actions de manière suffisamment efficace pour serrer la vis un peu plus chaque jour à la classe exploitée (nous autres).

  18. Vertumne dit :

    @ Gaston: merci pour votre réponse, c’est toujours un plaisir de vous lire. Mais je dois vous avouer que dans mon esprit c’est la culture qui donne naissance (ou pas) à l’État et non l’inverse. Il est vrai cependant que cet état peut ensuite acquérir son autonomie pour réaliser une sorte d’ingénierie sociale.

  19. gastonphebus dit :

    @ Vertumne :

    Il est vrai que la culture est un “poste de commandement” qui permet d’influencer l’ensemble de la société, comme l’a dit le marxiste Gramsci.

    À l’heure actuelle il existe une sorte de dyarchie entre les producteurs de culture et l’État qui n’est pas sans rappeler la dyarchie clergé-monarchie sous l’Ancien Régime. Il est parfois difficile de dire lequel des deux mène la danse…

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