Pourquoi je suis moyennement libéral

By gastonphebus

Ce titre est un hommage à ce petit livre que j’aime beaucoup : Pourquoi je suis moyennement démocrate de Vladimir Volkoff, auteur dont je me suis souvent inspiré.

Le libéralisme représente deux choses pour moi : premièrement une théorie économique. Pas n’importe quelle théorie économique, mais la théorie économique. Toutes les autres s’apparentent au charlatanisme. Elle se résume très simplement ainsi : les interventions de l’État dans le domaine de l’économie sont néfastes et ont les conséquences opposées des buts annoncés.

Par exemple le SMIC, au lieu d’améliorer la condition des moins qualifiés, les condamne à une vie d’assistanat. Les banques centrales, au lieu de lisser les crises financières, les amplifient. Le protectionnisme, au lieu de renforcer le pays qui le pratique, l’affaiblit. Et ainsi de suite ad infinitum.

Le libéralisme, c’est deuxièmement une éthique : celle du respect du droit de propriété privée. On peut aussi définir cela comme l’axiome de non-agression. La plupart du temps, c’est un pacifisme. Mais après qu’un vol, un meurtre ou toute autre agression ont été commis, alors l’usage de la violence est justifié pour réparer le tort subi, et ainsi rétablir l’ordre temporairement troublé.

Cette éthique ne prétend pas résoudre toutes les questions éthiques, juste celles qui jaillissent lors d’un conflit au sujet de l’usage de ressources rares. On peut – et même on doit – lui ajouter d’autres éthiques plus fines. Par exemple, si quelqu’un se drogue, il faut le dénoncer à ses parents, à son employeur et à sa petite amie. On peut aussi refuser de lui vendre du pain. La délation et le boycott permettent d’additionner à l’éthique minimaliste du droit de propriété autant de contraintes supplémentaires que la communauté juge bon.

Dans ces deux dimensions je ne suis pas moyennement libéral, je le suis entièrement.


Alors pourquoi me dis-je moyennement libéral ?

Parce que le libéralisme, c’est souvent compris comme étant une doctrine politique. Et là, je prends mes distances.

Elle se résume ainsi : « L’État peut faire le bonheur des citoyens en détruisant les obstacles au commerce. »

Or le plus grand obstacle à la liberté des échanges entre citoyens, c’est l’État lui-même ! Les libéraux-bisounours s’attendaient à ce que l’État rogne ses propres ailes, abroge ses régulations et réduise son train de vie… C’est naïf parce que nulle institution n’œuvre à sa propre perte. Tout organisme est tendu vers l’accroissement de sa propre puissance.

Ce qui s’est passé, en réalité, c’est que l’État a détruit les obstacles au commerce imposés par les institutions intermédiaires entre lui et le citoyen. Il a donc déchiré un riche tissu social d’institutions, d’organisations et de communautés qui protégeait le citoyen de la toute-puissance étatique. L’homme moderne est tout nu, isolé et impuissant devant Big Brother.

Ce que les libéraux-bisounours n’ont pas compris, c’est que les mots-clés de leur profession de foi politique sont : « L’État peut faire le bonheur des citoyens », et non pas le machin sur les obstacles au commerce. Une fois qu’on admet que l’État peut faire le bonheur des citoyens contre leur gré, on a ouvert la porte à tous les totalitarismes (brutaux ou rampants).

L’élimination des obstacles au commerce a donc été un cheval de Troie qui a permis aux étatistes d’endormir la vigilance naturelle des citoyens. C’était un bon cheval de Troie parce que c’était vrai. Il fallait que la première justification donnée à l’élargissement du champ d’action de la bureaucratie fût vraie.

Dans un deuxième temps, le principe étant acquis, on a pu faire passer tout et n’importe quoi sous la rubrique « L’État va faire le bonheur des citoyens en faisant ci ou ça » – même si c’était un mensonge éhonté ! Par exemple l’immigration de masse en provenance du Tiers-Monde, la subvention de la paresse (allocations chômage) et le désarmement des citoyens (interdiction du port d’armes par les honnêtes gens).

Comme l’a fort justement dit Ronald Reagan, les mots les plus effrayants de la langue française sont : « Je viens de la part du gouvernement et je suis ici pour vous aider. »

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2 Réponses vers «Pourquoi je suis moyennement libéral»

  1. raph dit :

    c’est très intelligent.

  2. gastonphebus dit :

    Merci, raph.

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