Excellent éditorial publié le 13 Décembre 2006 dans le Financial Times, le quotidien “de référence” des affaires en Europe. Son auteur est Martin Feldstein, conseiller économique numéro 1 de Ronald Reagan et professeur d’économie à Harvard. A priori, pas un petit plaisantin. Il démolit définitivement l’une des légendes les plus tenaces colportées par les chantres de l’immigration de peuplement: qu’on ait besoin d’encore plus d’immigrés pour sauver nos retraites.
Tout le monde sait que nos caisses de retraite courent à la faillite. C’est la conséquence inéluctable de l’allongement de la durée de vie et du vieillissement de la population. Le système vicieux inventé par le régime socialiste-national de Vichy, appelé retraite par répartition (où les travailleurs de 2006 subventionnent directement les retraités de 2006), est un cadavre ambulant.
Martin Feldstein prouve, chiffres à l’appui, que même une très forte augmentation de l’immigration aurait un impact négligeable sur le financement des régimes de retraites. La grande majorité des impôts et cotisations sociales prélevés sur ces nouveaux travailleurs serviront à financer les prestations sociales consommées par leurs familles – surtout la médecine et l’éducation gratuites. Il ne restera donc presque pas d’argent pour sauver les retraites.
Feldstein prend l’exemple de l’Espagne parce que ce débat y fait rage en ce moment. Mais c’est exactement pareil en France et dans les autres grand pays d’Europe. Même en accueillant 2 millions de familles immigrées supplémentaires, ce qui est énorme, ça comblerait moins de 10% du trou des retraites.
Qu’on fasse naufrage avec un déficit de 90 milliards d’euros ou de 100 milliards, on fera naufrage quand même! Sauf qu’on devra se coltiner 2 millions de familles d’immigrés de plus. Vue la taille moyenne de la famille d’immigrés, ça va faire du grabuge… Alors qu’on arrête de nous bassiner avec ces bêtises: les immigrés ne sauveront pas nos retraites, point final.
Le système de retraite par répartition est une gigantesque escroquerie qui va sauter à la bouille des technocrates. Le passage à un système par capitalisation (où chaque travailleur met de côté un pécule pour sa retraite future) est la seule solution. Une telle transition a déjà été réussie au Chili par Pinochet, décédé une semaine avant la publication de l’article de Martin Feldstein. Donc c’est possible. Seulement Pinochet était un grand homme, capable de mettre en veilleuse ses préjugés économiques pour adopter les politiques libérales qui marchent. Les petits plaisantins qui nous gouvernent feraient bien d’en prendre de la graine.
Mots-clefs : faillite, immigrés, Martin Feldstein, Pinochet, retraites
18 juin 2008 à 10:35 |
Juste un trait d’humour : j’adore comme vous faites une critique du Pétainisme pour ensuite faire l’éloge de Pinochet !
18 juin 2008 à 11:06 |
Touché !
Pinochet devait avoir de meilleurs conseillers…
19 juin 2008 à 1:37 |
“Pinochet devait avoir de meilleurs conseillers…”
Assurément : l’Ecole de Chicago par exemple.
19 juin 2008 à 1:40 |
“les immigrés ne sauveront pas nos retraites, point final.”
Mais, c’est l’excuse présentée par le systéme pour vendre l’immigration.
Bien évidemment que l’immigration n’est pas là pour sauver quoi que ce soit, n’est ni une chance.
Tout cela est du vent, du mensonge, un peu comme les lendemains qui chantent socialistes.
L’immigration sert :
1) faire pression sur les salaires des emplois non-délocalisables.
2) casser le cadre ou la souveraineté politique est possible, la Nation.
3) créer un sous-prolétariat mobilisable contre la classe moyenne corvéable à souhait, ayant la peur du déclassement.
Et tout ceci au bénéfice de l’hyper-classe…
19 juin 2008 à 9:21 |
Assurément.
À mon sens, la définition de cette “hyper-classe”, c’est l’ensemble de ceux qui vivent, directement ou indirectement, des deniers publics. Ça inclut au premier chef les fonctionnaires (surtout les énarques), les hommes politiques, les permanents des syndicaux, et les responsables des associations grassement subventionnées par l’État. Ça inclut aussi la plupart de ceux qui travaillent dans les médias, parce que les médias sont à la botte de cette oligarchie technocratique. Ça inclut ceux qui ont des entreprises dont le premier partenaire est l’État (armement, BTP, banques, etc). Et ça inclut la plupart des grosses boîtes parce qu’elles se sont acoquinées avec l’État pour laminer leur compétition.
19 juin 2008 à 18:18 |
L’hyper-classe est la collusion entre la machine d’Etat et les grosses boites, ou plutôt, la production de cette alliance.
Alors quand je lis que l’Etat doit disparaitre (Lenine pensait la même chose voyez vous), j’en rigole encore, alors que l’Etat est justement la facade légaliste de cette domination.
A qui appartiennent les principaux médias?
Avec qui est amis Sarkosy?
Mais comme je le disais par mail, cette hyper-classe est le produit, l’effet pervers , du systéme libéral.
Comme hier ,la bureaucratie parasitaire communiste était le produit d’un certain systéme socialisant.
19 juin 2008 à 19:57 |
Ce concept d’hyper-classe semble remonter à Jacques Attali. Vous vous doutez bien que je n’ai strictement aucun respect pour ce professionnel du parasitisme et ses idées soi-disant géniales.
Vous parlez du système libéral. Mais savez-vous ce qu’est le libéralisme ? Il y a beaucoup de gens qui ne connaissent du libéralisme que ce qu’on lit dans les magazines (écrits par des journalistes qui votent à 75% trotskyste), ou dans certains cercles de l’intelligentsia française qui sont, au moins depuis Sartre, dominés par les présupposés marxistes.
Il y a même des marxistes dans le camp patriote/nationaliste, par exemple Alain Soral. Chez les Identitaires, il y a aussi Jean-Baptiste Santamaria, qui était militant à la Ligue Communiste Révolutionnaire et délégué CGT en usine dans les années 70, et dont la pensée économique semble encore assez imprégnée de certaines idées de gauche. Vous sentez-vous proche de l’un ou l’autre de ces courants ?
Toujours est-il qu’on ne peut pas émettre de jugement sur le libéralisme si l’on n’en connaît que ce qu’écrivent à son sujet ses ennemis ou ses traîtres. Savez-vous, par exemple, que le grand économiste libéral Eugen von Böhm-Bawerk a démoli la théorie économique de Marx dès la fin du XIXème siècle ? Avez-vous lu Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (1850) de Frédéric Bastiat, Le Socialisme (1922) de Ludwig von Mises, et Libéralisme (2000) de Pascal Salin ? Voilà des textes de base qui exposent correctement la théorie libérale.
Enfin, il me semble que vous acceptez implicitement que nous vivons dans un système libéral. Or je crois que ce n’est pas le cas. Quand l’État dépense plus de la moitié du PIB, ce n’est plus du libéralisme, c’est du socialisme. Que le gouvernement se prétende “de droite” n’y change strictement rien. Donc s’il y a des choses que vous n’aimez pas dans le monde actuel, c’est la faute au socialisme, pas au libéralisme.
8 juillet 2008 à 19:01 |
—Enfin, il me semble que vous acceptez implicitement que nous vivons dans un système libéral. Or je crois que ce n’est pas le cas. Quand l’État dépense plus de la moitié du PIB, ce n’est plus du libéralisme, c’est du socialisme. Que le gouvernement se prétende “de droite” n’y change strictement rien. Donc s’il y a des choses que vous n’aimez pas dans le monde actuel, c’est la faute au socialisme, pas au libéralisme.—
Clair , net précis , merci de remettre les pendules à l’heure , 100% d’accord avec votre analyse , marre de tous ces cons qui confondent libéralisme et capitalisme .