Comme je suis économiquement libéral, on me demande souvent comment je peux empêcher les patrons de grosses entreprises d’importer des masses de travailleurs immigrés en France. N’y a-t-il pas là une contradiction entre mon libéralisme économique d’une part, et d’autre part mon conservatisme culturel, mon attachement identitaire au sol, et ma défense de la civilisation européenne ?
Je prétends qu’il n’y a absolument aucune contradiction.
En effet, le fait qu’un immigré ait trouvé un patron Français qui accepte de l’embaucher n’implique pas nécessairement qu’il ait le droit au statut d’invité sur le territoire. Ce n’est vrai que si l’employeur supporte tous les coûts associés à l’importation de ce travailleur. Or ceci n’est possible que dans le cadre de la « cité ouvrière ».
Une cité ouvrière est une parcelle de territoire entièrement achetée par le patron où il fournit à ses employés, outre un lieu de travail, des habitations, des écoles, une église, un théatre, des médecins, une pharmacie, des restaurants, une maison de retraite, un cimetière, une caisse d’épargne, des jardins, des magasins, etc. En somme tout ce qu’il faut pour vivre en complète autarcie. De nombreuses cités ouvrières ont vu le jour en France, par exemple :
- Villeneuvette, dans le Languedoc, administrée par la famille Maistre de 1803 à 1954. À partir de 21 heures, on fermait les portes et les ouvriers étaient tenus de passer la nuit dans l’enceinte de Villeneuvette. La devise était : « Honneur au travail. » Certaines familles y restèrent pendant huit générations.
- Noisiel, en région parisienne, a appartenu de 1871 à 1959 à la famille Menier, qui inventa la tablette de chocolat.
- La ville-usine du Creusot a appartenu de 1836 à 1960 à la famille Schneider qui y a établi ses aciéries. De l’enfance à la fin de sa vie, l’ouvrier est pris en charge par le “système social” de l’institution Schneider.
Et ainsi de suite… Une base de données du ministère de la Culture recense plusieurs centaines de cités ouvrières en France.
Dans une cité ouvrière, les travailleurs n’ont aucun contact avec le reste de la population qui les entoure, donc même si ce sont des immigrés en provenance du Tiers-Monde, ils ne peuvent déranger personne. Le patron a alors le droit de dire : “on est chez nous (dans l’entreprise)” et “on engage qui l’on veut”, ce qui est tout à fait dans l’esprit du libéralisme. Je ne fais ici que citer un extrait d’un commentaire laissé par Three Piglets au sujet de mon article sur l’Union Européenne.
Seulement voilà. Les cités ouvrières ne sont plus à la mode. Ce qui se passe aujourd’hui est complètement différent.
Grâce à l’État-Providence, l’employeur ne paie qu’une toute petite fraction des coûts associés à la présence des immigrés. On lui permet d’externaliser une grande partie de ces coûts sur le dos des autres contribuables. Dès qu’il a un permis de travail, l’immigré a le droit d’user librement de toutes les ressources publiques : les routes, les parcs, les hôpitaux, les écoles. De plus, aucun propriétaire n’a le droit de refuser de lui louer un appartement, de lui refuser l’entrée dans une boîte de nuit, de refuser de lui vendre un jambon, car cela tombe sous le coup des lois anti-discrimation. Les professionnels de la lutte contre le racisme veillent au grain…
Ainsi, l’immigré bénéficie de toute une série d’avantages qui sont financés non pas par l’employeur qui l’a « invité », mais par des contribuables qui n’ont eu aucun mot à dire au sujet de cette « invitation ».
C’est exactement comme si j’invitais des travailleurs immigrés à venir renover ma maison et que je les nourrissais avec de la viande prise dans le frigo de mes voisins !
Ceci constitue une violation éhontée du principe le plus sacré du libéralisme : le droit de propriété privée. C’est pourquoi, en tant que libéral, je ne puis tolérer qu’un patron embauche tous les immigrés qu’il veut.
Mots-clefs : État-Providence, Cités ouvrières, Immigration, Libéralisme
17 juin 2008 à 12:30 |
Bel article et belle argumentation.
17 juin 2008 à 13:05 |
Merci Sampieru.
D’ailleurs, les premières cités ouvrières comme celle de Villeneuvette ont été conçues précisément parce que les coûts de transport étaient (au XVIIème siècle) si élevés qu’il fallait réunir tous les ouvriers et tous les corps de métier dans un seul et même lieu afin de n’avoir à transporter que le produit fini (en l’occurence, les draps fins que les Musulmans nous achetaient à prix d’or).
Comme vous le notez fort justement dans votre article du jour :
http://ethnocide.blogspot.com/2008/06/vive-le-ptrole-cher.html
la hausse du prix du pétrole pourrait bien nous forcer à revenir à de tels arrangements, et ça pourrait être une bonne chose.
17 juin 2008 à 16:17 |
Très intéressante remarque, et merci pour ces informations oubliées sur l’histoire des cités ouvrières.
Quelques objections cependant.
Vous dites que le patron qui embauche des immigrés n’en supporte pas le coût. En fait, vous n’en savez rien. Personne n’en sait rien, et c’est bien une partie du problème.
Effectivement, le patron ne supporte pas directement les coûts supplémentaires de logement, d’éducation et ainsi de suite, induits par l’arrivée de ses ouvriers immigrés.
En contrepartie, il supporte toute une série de charges, taxes, impôts, obligations, censées permettre à l’Etat de couvrir ces coûts.
C’est le cas du fameux 1% logement, par exemple, qui est très ancien. Je ne serais pas étonné que son apparition coïncide à peu près avec la disparition des dernières cités ouvrières que vous évoquez.
Il est tout à fait significatif de constater, par exemple, que la loi sur le 1% logement impose aux entreprises de construire elles-mêmes des logements pour leurs travailleurs, à hauteur d’une certaine somme. Ce n’est que si elles se dérobent à cette obligation qu’elles doivent, en contrepartie, payer une somme — supérieure! — à l’Etat, pour qu’il s’en charge.
Ce qui est certain en revanche, c’est qu’à cette occasion, le lien économique, le facteur incitatif ou désincitatif, tend à disparaître entre l’embauche de travailleurs immigrés et la construction de logements induite.
Toutefois, vous ne pouvez pas dire que, si le système des cités ouvrières autarciques était rétabli, “le patron aurait alors le droit de dire : on est chez nous (dans l’entreprise) et on engage qui l’on veut, ce qui est tout à fait dans l’esprit du libéralisme.”
On rentre là dans ce que j’appelle le sophisme franco-libéral. J’ai bien le droit de me détruire le cerveau au cannabis, puisque je suis chez moi dans mon cerveau, et que, une fois que je serai devenu schizophrène, mon hôpital psychiatrique sera payé par mon assurance maladie 100% privée, contractée en Norvège par mes soins, et d’ailleurs j’emmerde la Sécu, etc.
Très important, le cannabis, pour les libéraux français. Si vous émettez la moindre réserve à l’encontre du drouadlôm de s’abrutir par la drogue, vous n’êtes pas un vrai libéral. Chacun son truc, hein. Les gauchistes, c’est plutôt le droit de détruire la famille par la liberté sexuelle.
C’est amusant d’appliquer le raisonnement économique à tout et n’importe quoi — et cela peut même être intellectuellement stimulant — à condition de ne pas oublier la différence entre la réflexion académique pure et la réalité, entre l’université et la politique.
La cité ouvrière telle que vous la décrivez n’est pas libérale, elle est socialiste et féodale. Imaginer une collectivité sociale entièrement sous la coupe d’un chef d’entreprise privée, c’est la négation de la nation, de l’Etat, de la démocratie, de la politique.
C’est ce que certains libéraux français refusent d’admettre quand ils vont jusqu’à l’absurde, en appliquant au domaine social des doctrines conçues pour l’économie.
En d’autres termes: il n’est nul besoin de faire appel à l’économie pour défendre l’existence et la légitimité de la nation. Les raisonnements économiques sont impuissants à rendre compte de cette réalité simple: l’homme est un animal social. Il est incapable de vivre autrement qu’en constituant des communautés. Et ces communautés ont besoin, pour exister, survivre harmonieusement et assurer le bien-être de leurs membres, d’engendrer et de se nourrir d’un sentiment d’appartenance fort.
Un Français n’est pas un Algérien, un Corse n’est pas un Breton, un chrétien n’est pas un musulman, etc.
D’où le sentiment d’identité nationale, régionale, religieuse, etc.
Il est naïf de penser qu’une société puisse longtemps survivre si chacun de ses membres fait absolument ce qu’il veut, pourvu qu’il en paye les conséquences économiques.
Pour une raison très simple: il y a des choses qui ne sont pas convertibles en monnaie. L’identité. Le sentiment national. Les valeurs.
Et quand bien même elles le seraient, c’est cette conversion qui serait inacceptable. Si vous tuez quelqu’un, si vous le blessez gravement, vous serez condamné à mort, ou vous irez en prison. Sauf… dans certaines sociétés islamiques, où vous pouvez échapper à la peine en indemnisant la famille de la victime, si elle y consent.
En France, c’est impossible: si vous avez tué quelqu’un, même si la famille de la victime vous pardonne, c’est la société qui vous poursuivra. En violant l’interdit du meurtre, vous avez lésé non seulement la victime, mais aussi le corps social dont elle fait partie.
Donc, vous ne pouvez pas dire: je fume des joints et je vous emmerde, puisque c’est moi qui paye mon hôpital. Si vous fumez des joints, vous vous transformez en légume ou en brute agressive, et par conséquent vous trahissez la société dont vous faites partie.
Dans le meilleur des cas, vous vous abstenez de lui apporter votre force de travail, votre créativité, vos responsabilités parentales. Dans le pire des cas, vous la détruisez activement en devenant une racaille qui fait chier son monde.
Vous ne pouvez pas dire: je veux “épouser” mon partenaire homosexuel et avoir le droit d’adopter les enfants des autres, puisque je n’occasionne aucune dépense à autrui par cette occasion.
En faisant cela, vous prenez le risque d’élever un enfant gravement perturbé psychologiquement, ce qui est non seulement un crime à l’égard de cet enfant, mais aussi un crime à l’égard de la société, que cet enfant mettra en danger par sa simple existence.
En faisant cela, vous dégradez l’image de l’institution conjugale, dont le caractère sacré et intangible est indispensable à la survie d’une société harmonieuse.
Vous ne pouvez pas dire: moi, chef d’entreprise, j’embauche des immigrés clandestins si je veux, puisque je leur construis leurs maisons, je paye leurs professeurs et leurs médecins, bref je ne vous coûte rien.
D’abord parce que c’est faux. Même avec les cités ouvrières les plus totalitaires qui soient, vous aurez toujours une part de dépenses induites, visible ou invisible, qui devra être assumée par la nation.
Et surtout parce qu’en faisant cela, vous introduisez dans la collectivité nationale des éléments étrangers, qui vont la détruire en important des valeurs qui ne sont pas les siennes, qui vont mettre en péril son sentiment d’identité et d’appartenance par le seul fait de leur présence, de leur nombre et de leur étrangeté.
Vous créez donc une insécurité sociale fondamentale, vous sabotez ce qui est impalpable, invisible, non monnayable et pourtant vital: la confiance entre membres d’un même groupe social, le sentiment d’appartenance partagé qui suspend la volonté d’agression et la remplace par le dévouement spontané à la cause commune. Cause qui est, tout simplement, la survie du corps social.
Combien “vaut” la langue anglaise? Quelle serait l’indemnité qu’il faudrait infliger aux patrons américains pour l’avoir fait disparaître de zones entières du territoire de leur pays et l’avoir remplacée par l’espagnol, en embauchant des immigrés clandestins mexicains? Combien “vaut” la quasi-sécession des territoires hispaniques, en cours aux Etats-Unis?
Autant demander combien “vaut” la chute de l’empire romain, la perte de Constantinople, etc.
Le libéralisme ne peut fonctionner que si la contrepartie de la liberté individuelle est la responsabilité. Mais certains libéraux français pensent que cette responsabilité se limite aux conséquences économiques immédiates de leurs actes.
C’est une naïveté ou une malhonnêteté, au choix. Une société véritablement libérale ne peut exister que si chacun de ses membres éprouve un fort sentiment de responsabilité à l’égard de la société dont il fait partie. Et la première de ces responsabilités est d’assurer la survie de cette société.
Certains libéraux français veulent le beurre et l’argent du beurre. Ils veulent s’affranchir de la tutelle étouffante de l’Etat, sans se rendre compte que la contrepartie de cela, la contrepartie d’un Etat amaigri et fortement limité dans ses pouvoirs, c’est le dévouement de chaque citoyen à la nation, au bien commun. Et qui dit dévouement, dit adoption volontaire de certaines contraintes strictes, collectives, partagées. En gros: le patriotisme et ce qui en découle.
C’est tout le contraire de l’hédonisme débridé, de la satisfaction des instincts sans contrainte sociale dont certains “libéraux” voudraient nous persuader qu’il font partie intégrante de la doctrine libérale.
C’est le modèle américain. Il n’a rien à voir avec le modèle lili-bobo français.
Aujourd’hui, en France, le patriotisme s’est réfugié dans les stades. Cela montre bien qu’il constitue un besoin fondamental. Quel que soit le drapeau que chacun y brandit. Hélas, une poignée de milliardaires en short qui courent dans tous les sens ne suffit pas à créer la cohésion nécessaire à une société viable. Surtout si les uns y voient le triomphe de la France, tandis que les autres y voient celui de l’Algérie, du Maroc, de la négritude ou de l’islam.
Le libéralisme n’est pas un je-vous-emmerdisme.
17 juin 2008 à 17:35 |
@ Robert Marchenoir :
Vous dites : “Vous dites que le patron qui embauche des immigrés n’en supporte pas le coût. En fait, vous n’en savez rien. Personne n’en sait rien, et c’est bien une partie du problème.”
L’État n’utilise pas les impôts supplémentaires ponctionnés aux entreprises qui embauchent des immigrés pour dédommager les contribuables Français de souche des inconvénients que les millions d’immigrés du Tiers-Monde leur font subir. Moi, je sais que je n’ai reçu aucune compensation. Donc j’ai supporté un coût pour lequel je n’ai pas été dédommagé, et c’est tout ce qui suffit à prouver mon argument.
Si l’État a beaucoup ponctionné les entreprises et a dépensé en pure perte l’argent ainsi récolté, ça me fait une belle jambe.
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Vous dites : “La cité ouvrière telle que vous la décrivez n’est pas libérale, elle est socialiste et féodale.”
Je conteste vivement l’épithète socialiste. Par contre je suis d’accord avec l’autre épithète : “féodale”. Je pense que le Moyen-Âge avait du bon. À votre avis, pourquoi mon blog s’appelle-t-il Gaston Phébus ? À ce sujet, je me permets de vous recommander chaudement un excellent article publié ce matin même par Sampieru sur son blog Ethnocide, où il appelle de ses vœux, je cite, “une culture plus féodale, rigide et enracinée”.
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Vous dites : “Imaginer une collectivité sociale entièrement sous la coupe d’un chef d’entreprise privée, c’est la négation de la nation, de l’Etat, de la démocratie, de la politique.”
Là encore, je suis partiellement d’accord. C’est certainement la négation de l’État et de la démocratie. Si vous voulez savoir en quelle piètre estime je tiens la démocratie, je vous conseille de lire mon article sur le vote des femmes.
Par contre, ce n’est pas la négation de la nation, au contraire. Pour comprendre la différence entre la nation et l’État, il faut que vous lisiez mon article sur Goethe.
Quant à la négation de la politique, je la revendique aussi. Permettez-moi d’expliquer ce que je veux dire par cette citation :
Alors, il ne faut pas vous étonner si je récuse « la voie politique ».
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Bon, je peux continuer, mais ça risque de devenir lassant. Je veux juste dire ceci. Il me semble que vous avez certains préjugés à l’égard des libéraux français. Sans doute viennent-ils du fait que vous en avez fréquenté certains. Soit. Eh bien je suis économiquement libéral, je suis Français, et pourtant je suis différent de ce que vous appelez “les libéraux français”.
Je suis anti-immigration. Le cannabis et le mariage homosexuel ne m’intéressent pas directement. Je suis contre l’Union Européenne. Je suis identitaire. Je suis pour le droit de sécession inconditionnel de toute région et même de tout village. Je suis aussi opposé au modèle américain qu’au modèle français. Je crois que les races existent. Je crois que certains pays sont sous-développés parce que le Quotient Intellectuel y est faible. Je suis culturellement conservateur. Je veux défendre la civilisation européenne. Je suis Moyen-Âgeux.
Je n’espère pas vous convertir. Je n’espère même pas être un jour à la mode. Je voudrais juste que vous arrêtiez de me mettre dans une boîte qui n’est pas la mienne. Le Grand Charles a très élégamment étiqueté cette boîte du nom d’Alain Bécile, représentant des libéraux qui en ont une petite (LQEOP).
Si vous lisez un échantillon représentatif de mes articles, à commencer par ma profession de foi, vous vous apercevrez vite que mon positionnement idéologique est assez incompatible avec ce que vous appelez les “lili-bobos”.
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Une dernière chose. Vous et moi, il faut que nous dépassions cette histoire de libéralisme. Ça n’est pas ce sur quoi nous nous différencions vraiment.
La différence profonde entre vous et moi, c’est que vous pensez que, contre la destruction de notre civilisation par l’implantation de colons venus du Tiers-Monde sur notre territoire ancestral, le salut viendra de l’État-nation. Vous êtes nationaliste et patriote. Par contre, moi, je pense que le salut viendra du communautarisme, du régionalisme, du fédéralisme, de la subsidiarité, de l’identité locale, de l’enracinement, et en fin de compte de la sécession. Ça, c’est un vrai débat, ce n’est pas comme le faux procès que vous m’intentez en me confondant avec les lili-bobos.
Eh bien, je veux vous dire que je respecte votre position. Je n’y crois pas, mais j’admets que des gens honnêtes et intelligents puissent y croire. Je vous souhaite bonne chance, parce que vous et moi nous avons un ennemi commun (les gauchistes qui ont accaparé tous les pouvoirs) et un objectif commun. C’est juste que nous divergeons sur le meilleur moyen d’y arriver, mais c’est à nos lecteurs de se faire leur propre opinion. Entre temps, nous avons mieux à faire que nous tirer dans les pattes. C’est ça que j’aime chez quelqu’un comme François Desouche : il est ouvert aux différentes tendances de notre famille de pensée, sans distinction de partis ni de chapelles. Je pense que nous pouvons nous retrouver autour de ça.
17 juin 2008 à 18:52 |
Mon message n’est pas passé?
17 juin 2008 à 19:32 |
Quand même, les cités ouvrières, c’est sinistre.
En tout cas, l’analyse est intéressante, et j’apprécie particulièrement la phrase en gras: c’est un exemple parlant qui rend compte du caractère aberrant de la chose.
17 juin 2008 à 21:30 |
@ Franz :
C’est sinistre, mais personne ne force les gens à y rester avec un revolver sur la tempe. S’ils y sont, c’est sans doute que c’est moins dur que travailler aux champs.
Ceci étant, je n’appelle pas au retour des cités ouvrières. Je constate l’absence de cités ouvrières aujourd’hui pour en déduire qu’on a un problème avec l’immigration.
17 juin 2008 à 21:31 |
@ Three Piglets :
Je vous ai envoyé un courrier électronique.
18 juin 2008 à 0:37 |
>>> Très important, le cannabis, pour les libéraux français. Si vous émettez la moindre réserve à l’encontre du drouadlôm de s’abrutir par la drogue, vous n’êtes pas un vrai libéral.
>>> C’est le modèle américain. Il n’a rien à voir avec le modèle lili-bobo français.
+++
Euh ouais, les libertariens américains, ça n’existe pas ? Murray Rothbard, David Friedman, Hans Hermann Hoppe, Ayn Rand, ce sont des Français peut-être ?
V’la-t-y pas que le libéralisme abstrait et excessif, ça va être la faute de la France maintenant…
Honnêtement, je ne crois pas que les influences des libertariens de forums soient principalement françaises.
Quant au libéralisme patriote, il était représenté par De Gaulle avec l’expertise de Jacques Rueff, les premiers (à ma connaissance) à émettre une critique libérale du système monétaire international fondé sur le Dollar…
Cordialement.
18 juin 2008 à 12:33 |
Gaston: rassurez-vous, je ne vous fais aucun procès. Quand je parle des lili-bobos, je ne vous mets pas dans le lot. Je n’ai pas encore lu vos oeuvres complètes, mais j’ai bien remarqué, dans votre bannière, que vous vous disiez économiquement libéral et culturellement conservateur…
Je n’ai pas eu l’occasion de discuter avec LGC du profil de son ami M. Bécile, vu qu’il est toujours dans la parodie (Charles). Mais, effectivement, je pense à M. Bécile en parlant des lili-bobos. Ou à son cousin.
Sur la subsidiarité qui vous est chère, c’est une notion fondamentalement libérale. Sur la démocratie, elle est indissociable du libéralisme. Sur la politique, votre citation mentionne « la voie politique » d’accroissement de la richesse, et elle dénonce clairement l’étatisme. Ce n’est pas parce que l’on refuse cette voie pour l’économie (je la refuse également) que l’on peut se passer de la politique.
Enfin la question de la nation opposée au village est intéressante mais secondaire. Tous deux sont des entités politiques avec une identité de groupe. L’essentiel est d’admettre la nécessité de ces deux points: entité politique, identité de groupe.
Après, qu’on se dise que l’échelon de la nation est aujourd’hui vérolé, et qu’il faut se regrouper sur des échelons plus petits, c’est possible. C’est une réflexion que se font pas mal d’observateurs occidentaux de l’immigration. Y compris des Américains, qui en sont à évaluer dans quel Etat ils devraient se regrouper après avoir abandonné le terrain aux colonisateurs.
Enfin, je suis moi-même libéral. Et réactionnaire.
18 juin 2008 à 12:45 |
Misanthrope: quand je parle de modèle américain, je parle du modèle libéral majoritaire. Celui qui fait consensus chez la plupart des Américains. Je ne pensais pas aux libertariens, qui sont marginaux même aux Etats-Unis.
Et effectivement, ce qui m’agace, c’est ce libéralisme doctrinal et abstrait qui se réfère sans cesse aux théoriciens (un tel a bien dit que, relisez machin…), plutôt qu’à la réalité, à l’observation des politiques qui marchent. (Jamais complètement, bien entendu. Toujours imparfaites, par définition. Mais c’est précisément cette imperfection que ces faux libéraux n’admettent pas. Ils ne comprennent pas que le libéralisme, c’est précisément admettre l’imperfection.)
C’est une démarche pas très différente de celle des ex-marxistes occidentaux. A ceci près qu’étant beaucoup moins organisée, elle a encore moins de chances de réussir, indépendamment de sa pertinence intrinsèque.
18 juin 2008 à 12:58 |
Robert Marchenoir a dit :
“Enfin, je suis moi-même libéral. Et réactionnaire.”
Dans ce cas, me voilà en excellente compagnie !