Le Q.I. mesure-t-il l’intelligence ?

By gastonphebus

Une critique répandue à l’égard du Quotient Intellectuel est qu’il ne mesure pas tout ce qui compose réellement l’intelligence d’un individu, mais juste la capacité à répondre à une liste de questions arbitraires.

L’idée sous-jacente est que l’intelligence est une notion plurielle, recouvrant tout un tas de composantes distinctes, et donc ne saurait être mesurée par un test unique, même bien conçu.

Depuis longtemps, les psychologues ont accepté de mesurer l’intelligence dans ses différentes dimensions. Par exemple, dans IQ and Global Inequality, Lynn et Vanhanen citent 8 composantes de l’intelligence :

  1. compréhension verbale,
  2. raisonnement,
  3. mémoire,
  4. intelligence spatiale,
  5. perception,
  6. mathématiques,
  7. connaissances culturelles,
  8. rapidité cognitive.

Je pense qu’on peut être d’accord que cette liste recouvre « tout » ce qui compose réellement l’intelligence d’un individu.

Le fait crucial, c’est que tous les tests de ces différentes dimensions donnent des résultats fortement corrélés entre eux. Les individus qui excellent à un type de test ont aussi tendance à exceller à un autre. La corrélation est de l’ordre de 60% à 70%. L’explication à cette forte corrélation est qu’il existe un facteur unique qui est commun entre ces 8 dimensions apparemment distinctes. On appelle ce facteur l’intelligence générale : g.

Ce facteur d’intelligence générale g a été découvert par Charles Spearman, l’inventeur de l’analyse factorielle, en 1904. Après plus d’un siècle de recherches poussées, c’est devenu le consensus de la communauté scientifique. Par exemple, ce modèle a été accepté par la « American Task Force » sur l’intelligence présidée par Ulric Neisser en 1995.

Donc l’intelligence existe et on peut la mesurer. Ses composantes multiples recouvrent en fait un facteur commun qu’on peut extraire en faisant passer des tests conçus à cet effet.

Les tests modernes de QI sont parfaitement adaptés à cette tâche. Ce n’est pas difficile, puisque n’importe quelle mesure de l’intelligence est corrélée à 60% ou 70% avec n’importe quelle autre : donc même si on ne fait aucun effort pour extraire le facteur commun g, on le capture quand même assez bien. Néanmoins, quand on fait un effort délibéré pour concevoir des tests qui se focalisent sur g, on le mesure encore mieux. Ce qui est précisément le cas des tests de QI qui forment l’ossature du livre de Lynn et Vanhanen.

4 Réponses vers «Le Q.I. mesure-t-il l’intelligence ?»

  1. fandenimier dit :

    Je vous découvre via quelques internautes qui sont passé par chez vous pour se rendre par chez moi, et vous souhaite la bienvenue. Conservateur + libéral + plateforme WordPress = tout pour plaire, même si je suis dubitatif quant au bien-fondé de l’intérêt que vous portez à ce fameux QI…

  2. gastonphebus dit :

    Merci de m’avoir souhaité la bienvenue! J’ai bien aimé votre article sur Hayek.

    Vous savez, je parle du QI pour le moment, mais je n’en ferai pas une spécialité. Je m’intéresse aussi à la propagande, à la désinformation, à la délinquance, etc. Ceci dit, Hans-Hermann Hoppe, que vous citez dans “Baroque et fatigué” sous la catégorie “Pensée complexe”, trouve ces histoires de QI plutôt convaincantes…

  3. Q.I. national et développement économique « Le Blog de Gaston Phébus dit :

    [...] Le Blog de Gaston Phébus Culturellement conservateur. Économiquement libéral. Intempestif. « Le Q.I. mesure-t-il l’intelligence ? [...]

  4. Le Q.I. des immigrés « Le Blog de Gaston Phébus dit :

    [...] Le Quotient Intellectuel est une caractéristique importante de l’individu qui mesure son intelligence et prédit sa réussite sociale. Le QI moyen est aussi une caractéristique importante des groupes [...]

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